Jours 1 à 7 : faire un état des lieux précis de la situationt
Une trésorerie négative doit être traitée rapidement, sans signifier automatiquement que l’entreprise est en cessation des paiements. Le dirigeant doit d’abord établir un plan de trésorerie sur les prochaines semaines, en recensant les encaissements attendus et les dépenses à venir : salaires, fournisseurs, loyers, emprunts, impôts et cotisations sociales. Comme le rappelle Bpifrance Création, ce suivi permet d’anticiper les tensions et d’évaluer le besoin réel de financement.
Il faut ensuite identifier l’origine de la difficulté : retards de paiement, baisse d’activité, perte d’un contrat, charges trop élevées ou accumulation de dettes. Cette analyse permet de distinguer une difficulté ponctuelle d’un problème plus structurel.
Jours 7 à 15 : faire rentrer l’argent et limiter les sorties
Agir sur chaque levier de trésorerie disponible
Une fois la situation chiffrée, l’objectif est de dégager rapidement de la trésorerie. Il faut relancer les factures impayées, vérifier que toutes les prestations ont été facturées et contacter les clients en retard de paiement. Le suivi du poste clients permet d’anticiper les difficultés.
Certaines dépenses peuvent ensuite être reportées ou réduites, notamment les investissements non indispensables et les achats urgents. Le dirigeant peut aussi négocier un échéancier avec ses fournisseurs afin de préserver la trésorerie et d’éviter l’accumulation des impayés.
Jours 15 à 21 : négocier avec les partenaires avant que la situation ne se bloque
Banques, fournisseurs et administrations peuvent parfois apporter une marge de manœuvre
Lorsque la trésorerie reste insuffisante, le dirigeant doit rapidement contacter ses partenaires.
Il peut demander à sa banque un réaménagement des échéances ou une adaptation de ses financements. En cas de difficulté bancaire, la Médiation du crédit de la Banque de France intervient gratuitement et confidentiellement.
Pour les dettes fiscales et sociales, la Commission des chefs des services financiers (CCSF) peut, sous certaines conditions, accorder des délais de paiement.
Enfin, en cas de litige avec un client ou un fournisseur, le Médiateur des entreprises peut aider à trouver une solution amiable.
Jours 21 à 30 : déterminer s’il faut engager une procédure de prévention ou collective
Ne pas attendre que la trésorerie soit totalement épuisée
Tant que l’entreprise n’est pas en cessation des paiements, elle peut recourir à des procédures préventives. Le mandat ad hoc permet notamment de négocier confidentiellement avec les créanciers.
La conciliation peut également être ouverte si l’entreprise n’est pas en cessation des paiements, ou si celle-ci date de moins de 45 jours. Elle vise à trouver un accord amiable avec les principaux créanciers.
Si l’entreprise ne peut plus régler ses dettes exigibles avec sa trésorerie disponible, elle peut être en cessation des paiements. Le dirigeant doit alors, en principe, demander l’ouverture d’un redressement judiciaire dans les 45 jours, sauf procédure de conciliation en cours.
Une trésorerie négative doit donc conduire à agir rapidement : plus les négociations commencent tôt, plus les solutions pour préserver l’activité sont nombreuse